Gouverner par l’exception : économie politique de l’état de siège en Ituri (RDC), mai 2021 – mai 2026. Rente minière, violence persistante et institutionnalisation du provisoire
Mots-clés :
Économie politique, état de siège, Ituri, rente aurifère, gouvernance militaire, violence armée, redevabilité institutionnelleRésumé
Cet article analyse, sous l’angle de l’économie politique, les mécanismes expliquant la reconduction de l’état de siège en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), de mai 2021 à mai 2026, malgré la persistance de l’insécurité. Il examine les relations entre gouvernance militaire, rente aurifère et reproduction de la violence armée. La méthodologie repose sur une triangulation documentaire de cinq catégories de sources, une modélisation microéconomique de l’arbitrage entre sécurisation et captation de la rente, ainsi que des tests d’inférence exacte appliqués à un corpus d’événements violents documentés. Les résultats révèlent une concentration des massacres de masse dans le territoire de Djugu, principal espace de rente aurifère étudié, sans diminution statistiquement détectable de leur intensité au cours de la période. Parallèlement, les sources examinées documentent plusieurs maillons des circuits de l’or impliquant des acteurs armés et certains éléments des forces étatiques. Sur le plan théorique, l’article amende le modèle du « bandit stationnaire » d’Olson en montrant que la reconduction institutionnelle de l’état d’exception peut dissocier la durée du pouvoir de la performance sécuritaire. Toutefois, les résultats établissent une association spatiale plutôt qu’un lien causal définitivement identifié. L’étude préconise une sortie progressive de l’état de siège, la traçabilité de l’or, la transparence budgétaire et le renforcement de la redevabilité judiciaire.
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© Revue d’Économie, de Gestion et de Développement 2026

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